Chaco paraguayen version soleil

Le 3 juin, nous partons enfin vers la frontière Paraguayenne par 135km de route… puis de piste gravillonnée (ha non, on ne va tout de même pas casser notre pare-brise en croisant un camion si près du but!) pour arriver à la nuit tombante à la frontière. A notre arrivée il n’y a même plus d’électricité et les douaniers sont obligés de sortir de leur cahute pour s’installer au milieu des poules pour faire les papiers à la lumière du jour. Le douanier nous demande si nous transportons quelque chose de ‘raro’ (bizarre). Bien évidemment il recherche de la drogue qui semble circuler dans cette région. Pascal répond ‘moi’. Le douanier sourit. Tiens cela nous change de la Bolivie. Quant au poste de “migration” où nous devons faire viser nos passeport il n’est pas là mais … à 240km au Paraguay. Par acquis de conscience, on demande aux routiers combien de temps il nous faudra pour y arriver: 7h! On comprend mieux pourquoi nous n’avons en tout et pour tout croisé qu’un véhicule autre qu’un camion de routier. Surtout quand on sait que le trajet Villamontes – Asuncion via l’Argentine, avec nous supposons des routes correctes, nous aurait demandé environ 100km de plus donc certainement beaucoup moins de temps. On demande si la route est bien bitumée comme indiqué sur notre carte. Selon eux, ce serait plutôt de la piste. De toutes les façons nous préférons dormir là, entre les camions qui attendent eux aussi le lendemain et l’ouverture de la douane.
mercredi 4 Juin, à notre surprise, nous faisons à peine 50m que nous avons droit à notre premier controle de police paraguayen. Heureusement les militaires sont sympa et quand on leur dit que les enfants dorment ils jettent un coup d’oeil symbolique avant de nous laisser passer. Ils nous avertissent
– la route est ‘fea’ (très mauvaise)
– como ‘fea’?
– fea, fea, fea
– avec des trous?
– des cratères.
– … (bon ben on ne va quand même pas faire demi-tour, et puis on va découvrir le Paraguay)
Le début de la route asphaltée est plutôt sympathique. Après quelques dizaines de km, nous sommes de nouveau contrôlés par les militaires avec des chiens. Pascal blague en se demandant combien de fois encore on va nous arrêter. Les nids de poule, de simples trous dans le bitume avec la terre dure juste dessous, sont signalés à la peinture. Mais rapidement, cela se gate, et ce sont des portions entières de la route qui n’ont plus de bitume mais des trous de 70cm de profond pour plus d’1m de large. Il faut parfois faire marche arrière pour emprunter le passage le moins pire entre 2 trous. Plusieurs fois, Pascal se demande s’il ne faudra pas utiliser la pelle pour combler les trous. Une pièce se détache et frotte régulièrement sur le pneu, obligeant Pascal à aller bricoler régulièrement sur le bord de ce qui fut une chaussée. Les portions de bitumes se font de plus en plus rares et sont parfois tellement craquelées qu’elles sont pires que la terre. Hélène en a marre et se demande si on ne devrait pas faire demi-tour. Car cela dure des heures, plus exactement 10h, sur 2 jours.

De temps en temps, on fait une pause sur l’entrée d’une estancia. On ne verra jamais plus loin que ces barrières. Le chemin semble indiquer que les estancia sont de toutes les façons aussi loin que la ville que nous essayons d’atteindre.

Heureusement, Hombeline est tellement heureuse de la robe rose que sa mère lui a acheté en Bolivie, qu’elle est sur une autre planète.

IMG_9646 IMG_9651 IMG_9652
Hélène ayant téléchargé une brochure de l’office du tourisme, annonce qu’il y a une ‘estancia’ près du premier village, la patria, que nous rencontrons où il est possible de faire du tourisme rural. Mais arrivés près de La patria, aucune estancia n’est signalée, et atteindre ‘La Patria’ nous obligerait à faire quelques km de piste boueuse dont nous ne sommes pas surs de pouvoir ressortir. On croise de courageux cyclistes qui font le chemin inverse et nous signalent une épicerie à quelques dizaines de km. Pascal leur répare leur réchaud à diesel, ce qui leur promet au moins un repas chaud pour le soir. Nous finissons notre journée devant l’épicerie, seul endroit où nous pouvons stationner en dehors de la route. Ben oui, parcequ’il n’y a rien à des km à la ronde, sauf des oiseaux (beaux il faut le dire, et à la vitesse où l’on roule on a le temps de les voir) et des moustiques! Pour couronner le tout, le soleil de la journée a chauffé le camping car et au moment de se coucher, la température intérieur ne baisse pas…
Jeudi 5 Juin, on repart pour le gymkhana avec notre camping car. Hélène commence à craquer, à se demander si on ne va pas finir par fracasser le camping-car dans un de ces maudits trous pour traverser un pays où il n’y a rien à voir. Nous arrivons finalement à notre destination, une petite ville ‘Marechal’, où nous pouvons faire viser nos passeport par un douanier toujours aussi sympa, pas du genre de tous ceux que nous avons rencontrés qui refusent de se mettre au travail tant que tous les formulaires ne sont pas intégralement remplis. Nous croisons de nouveau un couple à vélo. Le distributeur de liquide ne fonctionne pas donc nous continuons à vivre sur le peu de bolivianos que nous avons changés à la frontière. On déjeune au tuna’s bar une sandwicherie, avec climatisation (le bonheur), une télé grand écran que le patron met tout de suite sur la chaine des dessins animés en voyant nos enfants, et du wifi d’une qualité que nous n’avons quasiment jamais eu depuis notre départ en Amerique du Sud. On en profite pour appeler papy/mamie et les amis. Le patron souriant et efficace ne nous met même pas dehors à la fin de son service et nous continuons nos appels skype depuis sa terrasse. Un autre point positif au Paraguay, il y n’y a quasiment pas d’ordures au bord des routes, même les villages les plus pauvres sont ‘propres’, c’est à dire sans détritus.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s